Godongwana intervient alors que l'enquête PIC s'accélère

Le conseil d'administration de la Public Investment Corporation (PIC) a officiellement assumé la supervision d'une plainte de dénonciation contre le directeur général Patrick Dlamini à la suite d'une réunion spéciale avec le ministre des Finances Enoch Godongwana, dans un contexte d'escalade du différend qui a déjà déclenché une enquête médico-légale, une menace juridique d'un milliard de rands et un examen minutieux croissant de la gouvernance du plus grand gestionnaire d'actifs d'Afrique.

Dans un communiqué publié jeudi, le PIC a confirmé que Godongwana, agissant en tant que représentant des actionnaires du gouvernement, a rencontré le conseil d'administration pour discuter des défis auxquels est confrontée l'institution et de leur impact sur la confiance du public.

Le conseil d'administration a déclaré qu'il avait reçu la réponse de Dlamini aux allégations contenues dans un rapport de dénonciation soumis la semaine dernière et a décidé que l'affaire serait traitée sous la supervision du conseil d'administration.

« La réunion d'aujourd'hui a décidé que la réponse de M. Patrick Dlamini, PDG de PIC, aux allégations contenues dans un rapport de dénonciation, soumis au Conseil d'administration la semaine dernière, sera traitée conformément aux politiques de PIC et à la législation applicable sous la surveillance du Conseil d'administration. »

Cette décision marque la première mesure substantielle prise par le conseil d'administration depuis qu'il a confirmé la semaine dernière qu'il avait reçu la plainte du lanceur d'alerte et qu'il en évaluait le contenu.

Ces allégations ont émergé dans le contexte d'une controverse croissante entourant une expertise médico-légale commandée sur la gestion par le PIC de l'investissement de l'aéroport international de Lanseria et une sentence arbitrale en faveur d'Acapulco Trade & Invest 164.

La semaine dernière, le PIC a confirmé que Dlamini avait annoncé une enquête médico-légale indépendante sur la transaction et le processus d'arbitrage afin de déterminer si des mesures avaient été prises pour protéger les intérêts du PIC et du Fonds de pension des fonctionnaires (GEPF).

La pression sur l'entreprise s'est intensifiée cette semaine lorsque l'homme d'affaires Kagiso Matjila et Acapulco ont menacé de poursuites judiciaires contre le PIC, le GEPF et Dlamini.

Dans un dernier procès avant action, ils ont appelé le PIC à interrompre l'enquête médico-légale, à retirer les allégations et à payer 1 milliard de rands de dommages et intérêts, faute de quoi ils ont averti que des poursuites judiciaires s'ensuivraient.

La déclaration confirme que le conseil est allé au-delà de la simple réception de la plainte et a désormais assumé la supervision formelle du processus.

Il est important de noter que ni le ministre ni le conseil d’administration n’ont cherché à rejeter catégoriquement les allégations.

Au lieu de cela, le PIC a déclaré que les allégations soulevées par le biais des mécanismes de dénonciation ne devraient « ni être ignorées ni préjugées » et doivent être évaluées de manière équitable, indépendante et conformément à la législation, aux normes de gouvernance et aux principes de justice naturelle.

La société a également utilisé cette déclaration pour rejeter les allégations de divisions entre le ministre, le conseil d’administration et la direction, qualifiant les affirmations circulant sur les réseaux sociaux de « malveillantes » et faisant partie d’une « campagne de désinformation orchestrée ».

Le PIC a déclaré que de telles allégations posaient un risque de réputation pour une institution chargée de gérer plus de 3,6 billions de rands d'actifs publics de retraite et de sécurité sociale.

Dans le même temps, le conseil d’administration a reconnu que les investissements historiques et les questions d’héritage continuent d’affecter l’institution.

Le ministre et le conseil d'administration ont convenu que les parties prenantes devraient travailler ensemble pour répondre aux préoccupations suscitées par ces investissements, tandis que le PIC a annoncé son intention de développer un programme visant à répondre aux préoccupations du public et des clients concernant son portefeuille d'investissements non cotés.
Godongwana a exprimé sa confiance dans le conseil d'administration actuel et dans l'équipe de direction.

Cependant, pour la première fois depuis que la plainte a fait surface, le conseil d'administration du PIC s'est publiquement engagé à superviser l'affaire. Le traitement de la plainte risque désormais de faire l’objet d’autant d’examens minutieux que les allégations elles-mêmes.