Un lanceur d'alerte a porté la crise de gouvernance de la Société d'investissement public (PIC) au Parlement, alléguant que le ministre des Finances Enoch Godongwana avait tenté de s'immiscer dans la gestion par le conseil d'administration du directeur général suspendu, Patrick Dlamini, après que les administrateurs aient voté à une écrasante majorité en faveur de sa suspension.
Les allégations sont contenues dans un avis soumis par le lanceur d'alerte au Comité permanent des finances du Parlement et qui a été consulté par le Courrier et tuteur.
La semaine dernière, le président du PIC, David Masondo, a confirmé que le conseil d'administration avait voté par neuf voix contre deux pour placer Dlamini en suspension préventive dans l'attente d'une enquête sur les allégations contenues dans une plainte de dénonciateur. Tout en refusant de préciser comment les administrateurs individuels ont voté, il a déclaré qu'un désaccord marqué était la marque d'une bonne gouvernance d'entreprise.
Selon plusieurs sources ayant une connaissance directe du dossier, la décision du conseil d'administration a été prise malgré l'opposition de Godongwana.
Les sources ont indiqué que le ministre avait par la suite cherché à persuader les membres du conseil d'administration d'annuler la résolution. Les sources ont indiqué que le ministre avait alors averti les membres du conseil d'administration qu'il dissoudrait le conseil d'administration s'ils ne revenaient pas sur la décision. Quatre administrateurs ont par la suite démissionné en signe de protestation, ont indiqué les sources.
Selon des sources, Lerato Makwetla, Lindy Bodewig, Mpumelo Maseko et Dorothy Kobe ont également démissionné du conseil d'administration du PIC, portant le nombre total de démissions à six. Le Courrier et tuteur a fait état la semaine dernière des démissions de Thabi Nkosi et Nosiphiwo Balfour.
Dans l'avis au Parlement, le lanceur d'alerte allègue que Godongwana a exigé la démission du conseil d'administration du PIC alors qu'il était saisi de procédures disciplinaires, médico-légales et réglementaires impliquant Dlamini. Il fait valoir que la dissolution du conseil d'administration alors que ces processus étaient en cours équivaudrait à une ingérence dans la gouvernance du PIC et mettrait fin aux enquêtes du conseil d'administration sur le directeur général suspendu.
L'avis allègue en outre que Dlamini affirmait depuis des années qu'il bénéficiait de la protection personnelle du ministre et qu'aucune procédure contre lui ne serait autorisée à suivre son cours. Il appelle le Parlement à enquêter sur ce qu'il décrit comme la relation entre les deux hommes remontant à leur époque à la Banque de développement de l'Afrique australe.
Le lanceur d'alerte prévient que la gouvernance du PIC et l'épargne-retraite qui lui est confiée sont en danger, arguant que les processus de gouvernance ordinaires ont échoué. L'avis indique que la plainte initiale du dénonciateur, déposée le 9 juin, prévenait que l'affaire serait portée devant le Parlement si une réforme significative ne suivait pas, et exhortait le Comité permanent des finances à intervenir.
Le PIC gère plus de 3 000 milliards de rands d’actifs pour le compte de clients du secteur public, y compris le Fonds de pension des employés du gouvernement. L'avis porte le différend devant la commission permanente des finances du Parlement alors que la crise de gouvernance au sein du gestionnaire d'actifs de l'État continue de s'aggraver.
Invité à commenter, Godongwana a déclaré au Courrier et tuteur: « Je n'en sais rien. Je ne peux pas commenter. »