Masondo démissionne de son poste de président du PIC alors que Godongwana prépare une refonte radicale du conseil d'administration

Ces départs ont privé le conseil d'administration de la plupart de ses dirigeants non exécutifs, à un moment où les régulateurs, le Parlement et les investisseurs scrutent l'institution de près.

La refonte proposée a déjà suscité l'inquiétude de l'Association des fonctionnaires (PSA), qui représente les fonctionnaires dont les retraites sont gérées par le PIC par l'intermédiaire de la Caisse de retraite des employés du gouvernement. Le PSA a exhorté Godongwana à ne pas dissoudre le conseil d'administration, arguant que les postes vacants devraient plutôt être pourvus pour préserver la continuité pendant que les diverses enquêtes sur la société se poursuivent.

Le vice-ministre du Commerce, de l'Industrie et de la Concurrence, Zuko Godlimpi, est apparu comme le candidat préféré pour présider le conseil d'administration reconstitué, selon des sources proches du processus de nomination. Son nom devrait suivre le processus de nomination officiel.

Si elle est confirmée, la nomination de Godlimpi mettrait en œuvre une recommandation clé de la Commission Mpati de 2020, qui appelait à ce que le PIC soit présidé par un directeur non exécutif indépendant plutôt que par le vice-ministre des Finances.

Les tensions en matière de gouvernance s'accentuaient depuis des mois, avec des désaccords sur les nominations des dirigeants, la restructuration de la fonction de directeur des investissements et la gestion des décisions d'investissement majeures.

L'un des principaux points chauds a été la décision de commander une enquête médico-légale à PricewaterhouseCoopers sur l'investissement du PIC dans l'aéroport international de Lanseria après la conclusion de la procédure d'arbitrage. Les partisans ont fait valoir que l'enquête était nécessaire pour protéger les fonds publics, tandis que les critiques se sont demandé si elle aurait dû se poursuivre après un arbitrage et si les processus de gouvernance requis avaient été suivis.

Le différend s'est ensuite transformé en litige, notamment en une action en dommages-intérêts contre Dlamini à titre personnel, soulevant des questions plus larges sur l'indépendance du conseil d'administration, le pouvoir exécutif et l'influence des actionnaires au sein du PIC.

La Commission Mpati de 2020 a conclu que le PIC nécessitait une réforme fondamentale de la gouvernance pour restaurer la confiance dans la gestion des fonds publics. Parmi ses recommandations figurait que la société devrait être présidée par un directeur non exécutif indépendant plutôt que par le vice-ministre des Finances.

Cette recommandation n’a jamais été mise en œuvre.

Le professeur Alex van den Heever, de la Wits School of Governance, a déclaré que la dernière crise suggérait que les recommandations centrales de la commission en matière de gouvernance n'avaient pas été pleinement mises en œuvre.

« Les changements post-Mpati n'ont pas corrigé la concentration fondamentale du pouvoir au sommet. La crise actuelle est donc la preuve que le modèle de gouvernance lui-même reste défectueux. »

Van den Heever a déclaré que même si l'État possède le PIC en tant qu'entreprise, il ne possède pas les retraites, l'assurance-chômage et les autres fonds publics confiés à l'entreprise à des fins d'investissement.

« L'État peut détenir les actions du PIC en tant que personne morale, mais il ne possède pas les fonds de retraite, d'assurance-chômage et autres fonds publics confiés au PIC à des fins d'investissement. Ces actifs sont détenus au profit des fonctionnaires, des travailleurs et des autres bénéficiaires. Le ministre n'en est pas le bénéficiaire effectif. »

Il a déclaré que des garanties plus strictes devraient inclure un président non exécutif indépendant, un processus de nomination transparent impliquant les déposants et les bénéficiaires, et une séparation plus claire entre le contrôle politique et la direction exécutive.

« L'objectif central des dispositions de gouvernance du PIC devrait donc être de protéger les fonds sous gestion contre la direction politique, le favoritisme, les conflits entre factions et les extractions malveillantes. »

« La réponse n'est pas d'éliminer la responsabilité publique. Il s'agit de remplacer le contrôle politique unilatéral par une responsabilité multi-clés. »

Un haut responsable familier avec les délibérations du conseil d'administration a averti que le remplacement des administrateurs avant la conclusion des différentes enquêtes risquait de porter atteinte à l'indépendance des conseils d'administration du secteur public.

« Le défi est de séquencer. Reconstituer un conseil d'administration alors que les enquêtes invoquées comme motif sont toujours en cours enseigne à chaque directeur d'entité publique que le courage fiduciaire est fatal. »

La source a fait valoir que la responsabilité devrait suivre une procédure régulière.

« En particulier, une audience équitable, des conclusions avant les conséquences ; si les préoccupations survivent, la responsabilité devrait suivre. Les retraites sont protégées par le processus, pas par la rapidité. »

La démission de Masondo marque un moment charnière dans la crise de gouvernance du PIC. Même si le gouvernement devrait procéder à la reconstitution du conseil d'administration, les enquêtes menées par la FSCA, le Parlement et d'autres organes de contrôle devraient se poursuivre, ce qui signifie que les questions qui ont déclenché la crise ne disparaîtront probablement pas avec la nomination d'un nouveau conseil d'administration.