Masondo : les démissions du conseil d'administration ont laissé le PIC incapable de défendre la suspension de Dlamini

L'ancien président de la Public Investment Corporation (PIC), David Masondo, a déclaré que le conseil d'administration n'avait jamais eu l'occasion de défendre sa décision de suspendre le directeur général Patrick Dlamini, car il avait effectivement cessé d'exister avant que l'affaire ne soit portée devant la Haute Cour de Gauteng.

Mardi, la Haute Cour a déclaré illégale et invalide la suspension préventive de Dlamini, ouvrant ainsi la voie à son retour au poste de directeur général après avoir conclu que le conseil d'administration avait agi en dehors de son autorité. Le tribunal a annulé la suspension et a condamné le PIC à payer les frais de requête.

Répondant aux questions du Courrier et tuteurMasondo a déclaré que la démission du conseil d'administration avant l'audience signifiait qu'il n'y avait personne pour demander aux avocats du PIC de s'opposer à la demande.

« Le Conseil n'a pas pu présenter ses arguments. Au moment où l'affaire a été entendue devant le tribunal, les membres du Conseil avaient démissionné et, par conséquent, il n'y avait personne pour charger les avocats du PIC de représenter le PIC. »

Il a déclaré que l’issue du litige n’était donc pas surprenante.

« La Commission n'a pas eu l'occasion de présenter sa cause devant le tribunal et, par conséquent, le résultat n'est pas une surprise. Le juge n'a entendu que les arguments d'une partie sans avoir l'avantage d'entendre les arguments du PIC ou de la Commission. »

Masondo a déclaré que le conseil d'administration avait obtenu un avis juridique, soutenu par un avocat principal, selon lequel il avait le pouvoir de suspendre Dlamini en vertu du cadre de gouvernance applicable. Il a déclaré que la suspension préventive visait à protéger l'intégrité du processus pendant que les allégations graves contenues dans le rapport du lanceur d'alerte faisaient l'objet d'une enquête.

« La Commission précédente avait la ferme intention de défendre sa décision et, sur la base de conseils juridiques, elle était fermement convaincue qu'elle avait de meilleures chances de succès. »

Il a déclaré que le jugement portait principalement sur la délégation de pouvoir, alors que le conseil d'administration avait pris en compte un cadre juridique et de gouvernance plus large pour prendre sa décision.

Malgré le jugement, Masondo a déclaré que les allégations qui ont conduit à la suspension de Dlamini devraient encore faire l'objet d'une enquête approfondie.

« J'espère que les problèmes soulevés dans le rapport du lanceur d'alerte feront l'objet d'une enquête approfondie et objective afin d'éclaircir les allégations. »

Dans son jugement, le juge MPN Mbongwe a estimé que le conseil d'administration n'avait pas le pouvoir de suspendre Dlamini et n'avait pas respecté le cadre de gouvernance et la délégation de pouvoir du PIC. Le tribunal a statué que le conseil d’administration n’avait pas suivi le processus de gouvernance requis et ne pouvait pas s’appuyer sur la politique de dénonciation pour passer outre ces exigences de gouvernance.

Le jugement ne détermine pas si les allégations des lanceurs d’alerte contre Dlamini sont vraies. Il s’agit plutôt de savoir si le conseil d’administration avait le pouvoir légal de le suspendre et s’il a suivi le processus de gouvernance requis.

Le tribunal a également noté que bien que le PIC ait initialement indiqué son intention de s'opposer à la demande, aucun affidavit en réponse n'a été déposé et l'affaire s'est déroulée sans opposition.

Le ministre des Finances Enoch Godongwana a salué le jugement, affirmant qu'il justifiait l'intervention du Trésor national au sein du PIC et la nomination ultérieure d'un nouveau conseil d'administration par le Cabinet.

Dans un communiqué, le Trésor a déclaré que le ministre estimait que le jugement justifiait les mesures prises par le Trésor national et le Cabinet pour restaurer la gouvernance au PIC, qualifiant ces interventions de « bonnes et nécessaires » après la « destitution précipitée » de Dlamini sans consultation ni processus appropriés.

La semaine dernière, le Courrier et tuteur a rapporté qu'une divulgation protégée soumise au Parlement avait soulevé des inquiétudes quant au fait que la reconstitution du conseil d'administration du PIC peu avant l'audience pourrait affecter la capacité de la société à défendre la suspension de Dlamini. En réponse à ces développements, Masondo a attribué l'absence de défense au fait que le conseil précédent avait démissionné avant que l'affaire ne soit entendue.

Le jugement est le dernier développement en date des mois de réforme de la gouvernance au sein du PIC, comprenant la suspension de Dlamini, la démission de Masondo et de six administrateurs non exécutifs, des divulgations protégées alléguant des défaillances de gouvernance, une enquête menée par la Financial Sector Conduct Authority et la nomination d'un nouveau conseil d'administration présidé par Seiso Mohai.

Même si le jugement tranche sur la légalité de la suspension de Dlamini, il laisse en suspens les allégations des dénonciateurs qui l'ont motivée. Ces questions relèvent désormais d'une commission qui n'a pas suspendu Dlamini mais doit décider si et comment l'enquête se déroulera.