Stacey-Lee May veut que le spinning prenne sa place sur la scène mondiale

Si quelqu’un s’approche de May pour lui demander de lui enseigner, elle commence par les bases.

Cela signifie comprendre la mécanique de la voiture, comment elle est construite et ce qui lui permet de tourner comme elle le fait.

Pour May, l’enseignement est aussi lié à la représentation.

Le spinning reste un espace à prédominance masculine et même si elle ne dispose pas des fonds ni des installations nécessaires pour donner des cours formels, elle dit qu'elle offrira des conseils aux femmes qui l'approcheront.

Son rêve à long terme est encore plus grand : une école de spinning réservée aux filles.

« Une fois que j'aurai atteint ce stade où je pourrai me permettre d'enseigner à d'autres femmes et que j'en aurai les moyens, ce serait un de mes rêves absolus de créer une école de spinning réservée aux filles », dit-elle.

C’est un rêve qui témoigne du visage changeant du sport. May ne participe pas seulement au spinning ; elle aide à remettre en question les idées reçues sur la place qui revient au volant.

Mais ses ambitions ne se limitent pas à la représentation des genres. Elle souhaite que le spinning reçoive la reconnaissance qu'elle estime mériter en tant que phénomène sportif et culturel sud-africain.

« C'est un sport fièrement sud-africain », dit-elle. « Il est né et a grandi en Afrique du Sud. Personne au monde ne peut faire tourner des voitures comme le font les Sud-Africains. C'est dans notre sang. »

Pour May, l’identité sud-africaine est l’une des raisons pour lesquelles elle reste engagée dans le sport. Elle considère le spinning comme quelque chose de local, une expression d'ingéniosité, de performance et d'audace qui mérite de voyager au-delà des frontières du pays.

Elle a connu la réaction face à la filature sud-africaine à l’étranger. Elle cite d'autres filateurs, dont Samkeliso « Sam Sam » Thubane, qui ont voyagé à l'échelle internationale et démontré ce sport à un public qui ne le connaissait pas.

La réponse, dit-elle, a été stupéfiante.

« Cela a renforcé ma conviction que le spinning peut devenir une discipline reconnue au niveau international. »

« J'espère que le spinning pourra un jour devenir quelque chose comme la Formule 1 », dit-elle.

Mais la poursuite du spinning n’a jamais signifié abandonner tout le reste. May est diplômée en droit et croit dans l’éducation comme fondement. Sa passion pour le sport automobile n’efface pas sa compréhension du fait qu’une carrière sportive peut être imprévisible.

« Autant j'aime mon sport et ce que je fais, autant je dois avoir un plan de secours », dit-elle.

Pour elle et sa famille, l’éducation est essentielle – une base sur laquelle s’appuyer si la vie ne se déroule pas comme prévu.

Il existe une discipline similaire dans la façon dont elle se prépare aux compétitions. Avant un événement, les travaux pratiques commencent par la confirmation de la réservation et l'obtention d'un acompte pour couvrir les frais.

« Le filage coûte cher, notamment à cause des pneus et du carburant. Vient ensuite la préparation mécanique, qui implique souvent mon père et mon petit frère », explique-t-elle.

Et puis il y a la prière.

Avant les compétitions, May et son équipe prient pour la sécurité, la protection et la capacité de donner le meilleur d’elles-mêmes.

Cette combinaison de préparation, de foi et d’adrénaline reflète la personne au volant. Spinning donne à May quelque chose qu'elle décrit comme la liberté.

« Quand vous le faites, vous avez l'impression que personne ne peut me dire que ce que je fais est mal », dit-elle. « C'est mon sport, c'est ce que je fais. C'est là que je suis bon. »

Cette liberté est peut-être la raison la plus profonde pour laquelle elle continue.

Elle veut plus de femmes dans le spinning. Elle souhaite que la filature sud-africaine soit mieux comprise. Elle souhaite que le public international reconnaisse l’origine de cette culture. Et elle souhaite que ce sport se développe sans perdre le caractère qui l’a rendu sud-africain.

Pour May, faire du spinning ne consiste pas simplement à faire bouger une voiture.

Il s'agit du mouvement comme identité, de la voiture comme extension de soi et de la fumée qui s'élève des pneus comme une déclaration typiquement sud-africaine : c'est qui nous sommes et c'est ce que nous pouvons faire.