Le Dr Danny Jordaan a été réélu président de la Fédération sud-africaine de football (SAFA), remportant une victoire décisive sur son challenger Sandile Zungu lors d'un congrès électif marqué par la controverse et la haute tension.
Jordaan a obtenu 157 voix tandis que Zungu, propriétaire et homme d'affaires de l'AmaZulu FC, n'en a obtenu que 82. Le résultat, annoncé samedi 12 septembre 2026, confirme le quatrième mandat de Jordaan à la tête de l'instance dirigeante du football sud-africain. L’association a simplement déclaré que « le Dr Jordaan est réélu président de la SAFA ».
Les élections au congrès de Midrand ont mis fin à des semaines d'intense campagne. Jordaan, qui dirige la SAFA depuis 2013, a été confronté à ce que de nombreux observateurs ont décrit comme son défi le plus important depuis plus d’une décennie. Zungu a fait campagne sur un programme de gouvernance améliorée, une plus grande responsabilité, un football de base et scolaire plus fort et une attention renouvelée sur le football féminin. Les supporters de Jordaan, organisés dans le cadre du Football Transformation Forum, ont mis l'accent sur la continuité, l'expérience et les récentes performances des équipes nationales.
Le processus menant au vote a été loin d’être fluide et peut à juste titre être décrit comme chaotique. Dans les jours qui ont précédé le congrès, la SAFA a signalé que plusieurs délégués avaient reçu des menaces de mort et avaient été victimes de harcèlement et d'intimidation, ce qui a entraîné un renforcement de la sécurité sur les lieux. Des allégations d'achat de voix et d'incitations financières ont circulé, avec des affirmations selon lesquelles de l'argent liquide aurait été offert à des délégués régionaux influents. Il y a également eu des différends sur la légitimité de certaines structures régionales, dont certaines se sont finalement vu interdire de voter pour d'obscures raisons de disqualification.
Une autre controverse est née d'une erreur dans un dossier d'information diffusé par la direction de la SAFA qui contenait des extraits incorrects des statuts de l'association. Cela a donné lieu à des accusations de manipulation constitutionnelle, à des excuses de la directrice générale Lydia Monyepao et à une plainte à la police d'au moins un responsable. Des recours juridiques visant à interdire ou à reporter le congrès ont également été lancés dans la période précédant le vote, bien que le congrès électif se soit déroulé comme prévu. Des groupes de pression tels que Save Our SAFA avaient appelé au changement, tandis que certains membres associés ont exprimé leur mécontentement face à l'exclusion des débats.
Malgré les turbulences, les délégués ont obtenu une majorité écrasante en faveur du président sortant. Jordaan, qui fêtera ses 75 ans ce mois-ci, a prolongé sa direction de la SAFA jusqu'en 2030. Ses mandats précédents ont été marqués par des succès, tels que l'organisation d'événements majeurs et la qualification des équipes nationales, mais des critiques persistantes ont également été formulées concernant la gouvernance et l'administration. Il continue de faire face à des poursuites judiciaires en cours liées à des allégations de fraude remontant à 2024.
Le défi lancé par Zungu met en évidence les appels croissants au sein de la communauté du football en faveur d'un renouveau après plus de 13 ans de présidence de Jordaan. L'homme d'affaires avait obtenu un certain soutien régional et provincial, notamment celui de personnalités qui avaient auparavant envisagé de briguer elles-mêmes le poste le plus élevé. Mais en fin de compte, la pondération des voix en faveur des 52 associations régionales de la SAFA s'est avérée décisive en faveur du président sortant.
Ce résultat donne à Jordaan un autre mandat à un moment où la SAFA est confrontée à un examen minutieux de ses finances, de ses processus internes et du développement plus large du jeu en Afrique du Sud. Des parties prenantes, notamment la FIFA, la CAF et des représentants du gouvernement, figuraient parmi les personnes invitées à observer le congrès. L'attention va maintenant se tourner vers la composition du nouveau Comité exécutif national et les priorités pratiques que les dirigeants de Jordaan poursuivront dans les années à venir.