La plainte du lanceur d'alerte dont est actuellement saisi le conseil d'administration de la Public Investment Corporation (PIC) a attiré l'attention sur les processus de gouvernance, les conflits d'intérêts présumés et l'autorité en vertu de laquelle une enquête médico-légale sur le conflit de l'aéroport de Lanseria a été commandée.
Mais la controverse a également ravivé une question qui est au cœur du différend lui-même : pourquoi le PIC a-t-il décidé d'enquêter sur une question qui avait déjà été tranchée par un processus d'arbitrage final et contraignant ?
Cette question a été remise sur le devant de la scène samedi par l'homme d'affaires Kagiso Matjila, dont la société, Acapulco Trade and Invest 164, était au centre du conflit de Lanseria.
Dans un communiqué, Matjila a contesté le fondement de la poursuite de l'affaire par le PIC, arguant que la société avait déjà choisi l'arbitrage, testé son dossier et perdu.
« Le PIC a perdu sur tous les points de fond et a payé », a-t-il déclaré.
« Les remords de l'acheteur ne constituent pas un motif d'appel. »
Selon Matjila, le PIC lui-même a insisté sur l'arbitrage après avoir refusé d'effectuer le paiement en vertu d'un pacte d'actionnaires lié à la participation d'Acapulco dans l'aéroport de Lanseria. Il a déclaré que la société avait rejeté l'arbitre proposé par Acapulco, proposé son propre processus et insisté pour que le résultat soit définitif et contraignant.
« Le panel a examiné les mêmes arguments que le PDG récite maintenant aux journalistes et les a trouvés insuffisants », a-t-il déclaré.
Le PIC a défendu sa décision de commander une expertise médico-légale sur la transaction Lanseria et la sentence arbitrale. La société a déclaré que l'examen visait à déterminer si toutes les mesures raisonnables avaient été prises pour protéger son investissement et les intérêts de la Caisse de retraite des employés du gouvernement.
Il a également soutenu que Dlamini avait agi dans le cadre des pouvoirs qui lui étaient délégués lorsqu'il avait commandé l'examen.
Les plaintes des lanceurs d’alerte soulèvent une question différente. Plutôt que de contester la sentence arbitrale elle-même, elle s'interroge sur ce qui s'est passé par la suite, notamment sur la décision de nommer PricewaterhouseCoopers (PwC) pour enquêter sur l'affaire et sur la question de savoir si cette décision a été correctement autorisée.
Cette question se situe désormais à l'intersection du différend Lanseria et des préoccupations de gouvernance examinées par le conseil d'administration.
Le conseil a confirmé qu'il évaluait la crédibilité et le fond des allégations contenues dans la plainte et a donné à Dlamini la possibilité de répondre.
Pour Matjila, continuer à se concentrer sur le conflit n’a pas de sens.
« Ce que le PIC ne veut pas, c'est que pas un centime n'a été payé volontairement. Il a refusé, et ce refus est la seule raison pour laquelle l'arbitrage a eu lieu », a-t-il déclaré.
Il a également renouvelé les allégations selon lesquelles Dlamini aurait dû se récuser des affaires impliquant Acapulco en raison de son précédent rôle au sein du conseil d'administration de Lanseria et de ses liens avec la société d'investissement en infrastructures Harith General Partners.
Ces allégations restent controversées.
Plus tôt ce mois-ci, les avocats de Matjila ont envoyé une lettre de mise en demeure au conseil d'administration du PIC, alléguant une ingérence illégale dans les relations contractuelles, des mensonges préjudiciables et une diffamation. La lettre menace de poursuites judiciaires contre le PIC et Dlamini.
Malgré le chevauchement entre le différend Lanseria et la plainte du lanceur d'alerte, Matjila a cherché à se distancier des allégations actuellement portées devant le conseil d'administration.
« Je n'ai rien à voir avec cela », a-t-il déclaré, ajoutant que les questions soulevées dans la plainte s'étendaient au-delà de son propre différend avec le PIC.
Le conseil évalue actuellement les allégations relatives à l'enquête qui a relancé le différend, tandis que Matjila conteste la justification de la réouverture d'une affaire qui, selon lui, a été réglée par arbitrage.