Matjila menace PIC de poursuites

L'homme d'affaires Kagiso Matjila a menacé le PIC, la Caisse de retraite des employés du gouvernement et le directeur général du PIC, Patrick Dlamini, d'une demande de dommages et intérêts d'un milliard de rands dans le cadre d'une escalade de la bataille autour du conflit de l'aéroport international de Lanseria.

Dans une dernière demande avant action datée du 15 juin, les avocats agissant pour Matjila et Acapulco Trade & Invest 164 ont donné au PIC et au GEPF 10 jours ouvrables pour se conformer à une série de demandes, notamment l'arrêt de l'enquête médico-légale sur l'affaire Lanseria, l'émission d'une rétractation écrite et le paiement d'un milliard de rands de dommages et intérêts.

À défaut, les avocats affirment que des convocations seront délivrées devant la Haute Cour, qu'une mesure d'interdiction urgente sera demandée et que des plaintes seront déposées auprès du Protecteur du citoyen, de l'Auditeur général, de l'Autorité de conduite du secteur financier et du Parlement.

Ils préviennent également que Dlamini et tout dirigeant ayant agi avec lui pourraient être poursuivis à titre personnel.

Ce procès représente le défi le plus direct à ce jour contre la décision de Dlamini de commander une étude médico-légale de la transaction Lanseria et une sentence arbitrale impliquant Acapulco – une enquête qui est déjà devenue le centre d'un conflit de gouvernance de plus en plus large au sein du gestionnaire d'actifs de l'État d'Afrique du Sud.

La lettre accuse le PIC et le GEPF d'ingérence illégale dans les relations commerciales de Matjila et Acapulco, de diffamation, de mensonge préjudiciable et d'abus de confiance.

« Nos clients tiennent le PIC et le GEPF responsables, conjointement et solidairement, de toute ingérence illégale dans leurs relations contractuelles et commerciales existantes et futures en vertu de la lex Aquilia ; de mensonge préjudiciable ; de diffamation ; et d'abus illégal de confiance », ont écrit les avocats.

Au centre du différend se trouvent la décision du PIC d'enquêter sur la transaction Lanseria et la sentence arbitrale accordée en faveur d'Acapulco.

Le PIC a déjà déclaré au Courrier et tuteur que Dlamini a agi dans le cadre de l'autorité qui lui a été déléguée lorsqu'il a commandé l'enquête et que le conseil d'administration du PIC et le ministre des Finances Enoch Godongwana ont soutenu le processus.

La société a déclaré que l'examen visait à déterminer si des mesures raisonnables avaient été prises pour protéger les intérêts du PIC et du GEPF.

Matjila affirme cependant que l'affaire a déjà été réglée grâce à un processus d'arbitrage final et exécutoire et que le PIC tente de rouvrir les questions déjà tranchées.

Les avocats décrivent l'examen médico-légal comme une « enquête médico-légale non autorisée et ultra vires » et allèguent qu'elle a porté atteinte à la réputation d'Acapulco auprès des bailleurs de fonds existants et potentiels.

Selon la lettre, la conduite reprochée a mis en péril les relations avec les institutions financières de développement et menacé un projet d'importance stratégique nationale.

« La perte, patrimoniale et réputationnelle de nos clients, est actuellement quantifiée à 1 000 000 000 de rands, et elle continue d'augmenter », ont écrit les avocats.

La lettre exige que le PIC et le GEPF cessent immédiatement de faire des déclarations concernant Matjila, Acapulco et l'affaire Lanseria, publient une rétractation inconditionnelle, confirment que le différend a été finalement résolu, divulguent la résolution du conseil d'administration autorisant l'enquête médico-légale, si elle existe et soit payent 1 milliard de rands de dommages ou présentent une proposition d'indemnisation acceptable.

La menace juridique surgit au milieu d’un examen de plus en plus minutieux des circonstances dans lesquelles l’enquête médico-légale a été ouverte.

La semaine dernière, le M&G a rendu compte d'une plainte de dénonciation soumise au conseil d'administration du PIC concernant la conduite de Dlamini. La plainte a été déposée dans un contexte de tensions au sein du PIC concernant l'affaire Lanseria et la décision de nommer des enquêteurs externes pour examiner la transaction et la sentence arbitrale.

Des questions ont également été soulevées quant à l'autorité en vertu de laquelle l'examen médico-légal a été commandé, notamment s'il existe une résolution officielle du conseil d'administration autorisant l'enquête.

Ces questions font désormais partie du défi juridique de Matjila.

Dans leur dernière demande, les avocats demandent au PIC de produire la résolution du conseil d'administration autorisant l'enquête ou de confirmer qu'une telle résolution n'existe pas.

Le différend marque le dernier chapitre d’une bataille qui est passée des procédures d’arbitrage aux salles de réunion du PIC et qui semble désormais se diriger vers les tribunaux.

Le PIC, le GEPF et Dlamini ont été invités à commenter les allégations et à indiquer s'ils avaient l'intention de s'opposer à la menace de poursuites judiciaires.