Des travailleurs fantômes hantent l’État kenyan –

Volé : le gouvernement du président kenyan William Ruto est exploité par des travailleurs fantômes. Photo : Facebook

Dans les couloirs de la fonction publique kenyane, un sinistre scandale gronde, asséchant les caisses du pays.

Les travailleurs fantômes – des employés inexistants aux visages fictifs – siphonnent la somme colossale de 31 millions de dollars par an, laissant les contribuables payer la note.

Un récent audit du ministère de la Fonction publique et du vérificateur général a révélé un stratagème de vol massif, impliquant de hauts fonctionnaires dans un réseau de tromperies qui s'étend à tous les ministères, départements et agences du gouvernement.

Même la State House.

Le vol effronté du cartel implique une collusion avec des fonctionnaires inexistants, des fonctionnaires à la retraite et même des personnes vivant avec un handicap (PLWD), qui bénéficient d'exonérations et d'allègements fiscaux spéciaux sans documents appropriés.

Les chiffres sont alarmants : une personne a reçu cinq salaires, totalisant 4 000 dollars américains sur six mois.

La Commission de la fonction publique avait précédemment signalé plus de 17 000 travailleurs fantômes sur la liste de paie.

L’arnaque, impliquant des responsables des ressources humaines, de la comptabilité et des finances, traverse les départements d’État, le Trésor national et la State House – le siège du pouvoir au Kenya.

Les enquêtes montrent que des personnes perçoivent plusieurs salaires, un cas impliquant cinq salaires versés à une seule pièce d'identité. Certains fonctionnaires manipulent les dates de retraite et modifient les détails des groupes d'emplois pour gagner plus que ce à quoi ils ont droit.

Le gouvernement kenyan semble dépassé par les vols massifs au sein de ses rangs, luttant pour unifier ses systèmes et combler les failles exploitées par le cartel des travailleurs fantômes.

Le système d'information sur la gestion des ressources humaines (SIRH-K) constitue une préoccupation majeure, avec une intégration inadéquate avec les principaux systèmes gouvernementaux. Seul le système intégré d'information sur la gestion financière (IFMIS), une plate-forme automatisée utilisée par le gouvernement aux niveaux national et des comtés pour rationaliser la gestion des finances publiques, est intégré, tandis que les liens avec la Kenya Revenue Authority (KRA) et le Higher Education Loans Board (HELP) sont en attente.

Plus de 300 sociétés d'État ne disposent pas d'un cadre d'intégration, ce qui crée des vulnérabilités qui sont exploitées par ces individus pour s'attaquer au système et voler.

Les irrégularités abondent, notamment les employés dont les pièces d'identité sont manquantes ou invalides, les numéros d'identification personnels KRA et les changements suspects de groupe de travail (JD).

Les allocations d'invalidité sont versées sans pièces justificatives, et les dates de naissance et les dates d'emploi sont modifiées sans piste de vérification.

La sécurité du SIRH-K est compromise, sans audit des journaux d'accès, avec une journalisation inadéquate et des données non cryptées, ce qui la laisse ouverte aux cybermenaces.

Aucun test d'intrusion n'a été effectué et des lacunes en matière de capacité existent, notamment des pare-feu obsolètes et des sauvegardes insuffisantes.

Le gouvernement prend des mesures pour résoudre ce problème, notamment un décompte des effectifs à l'échelle nationale et des systèmes biométriques pour vérifier l'identité des employés.

La Commission de la fonction publique cherche des explications sur les écarts et des réformes sont en cours, notamment un système de ressources humaines unifié.

Pour résoudre ces problèmes, le Département d'État a demandé un audit indépendant du système le 17 juin 2025, afin d'établir la viabilité du système de paie du gouvernement.

L'équipe d'audit, constituée conjointement par le Trésor national et le Département d'État pour la fonction publique et le développement du capital humain, a reçu des termes de référence (TdR) clairs pour guider le processus.

Le Département d'État pour la fonction publique et le développement du capital humain a demandé

les comptables des gouvernements nationaux et des comtés doivent soumettre des données mises à jour pour tous les fonctionnaires relevant de leur juridiction.

Cela visait à mettre à jour la base de données nationale pour tous les fonctionnaires. Cependant, seules 33 institutions se sont jusqu’à présent conformées, soumettant des données pour un nombre dérisoire de 20 039 fonctionnaires.

Par ailleurs, le Département d'État a demandé un audit indépendant du système de paie du gouvernement pour établir sa viabilité, citant des inquiétudes concernant les incohérences des données et les erreurs de paiement.

Le manque d'intégration transparente dans le système de paie du gouvernement a entraîné des incohérences dans les données, des rapprochements manuels, des erreurs et des retards de paiement, entravant ainsi la gestion efficace de la masse salariale dans la fonction publique.